Filière mines en 2014 : état des lieux

Mine_Or_Boulanger_140Une filière en pleine structuration

S’appuyant sur le triptyque FEDOMG (FÉdération Des Opérateurs Miniers de Guyane), PTMG (Pôle Technique Minier de la Guyane), ORkidé (association interprofessionnelle ORkidé de Guyane), la profession minière fait montre d’une volonté indéniable d’améliorer ses pratiques et de s’inscrire dans une dynamique de promotion et de développement.

Arborant depuis 2013 un plan de développement durable à 5 ans, les socioprofessionnels ont pris leur destin en main et d’ores-et-déjà concrétisé un certain nombre de projets à travers la Grappe ORkidé et avec le concours technique du PTMG. Toutefois ils estiment, en laissant sous silence la problématique de l’activité illégale, que la relance du secteur extractif est conditionnée tant à une meilleure adéquation de la réglementation avec le contexte régional, qu’à une décentralisation des autorités de tutelle. Enfin, aucune perspective ne connaitra de réalité si l’aspect crucial de l’investissement ne trouve pas de partenaires.

Les dernières réalisations touchent essentiellement aux domaines de la communication et de la professionnalisation. Citons par exemple la réalisation du film documentaire « D’or et de Guyane », l’organisation des Journées de l’or et des expositions « L’or guyanais : réalités et vérités » et « Des métiers en or », ou encore la reconduction d’une session de formation introductive aux techniques minières (2 semaines).

Les métiers de la mine sont multiples et former les techniciens de demain aux meilleures techniques disponibles, propres à concilier les enjeux de préservation du milieu naturel guyanais, est le prochain grand challenge. Il conviendra de préciser les besoins et les échéances en vue de dessiner les contours d’une offre de formation structurée, cohérente et dimensionnée pour favoriser un emploi local de qualité, tout en tenant rigueur de la nécessité d’insertion des jeunes sans emploi, ni qualification. Car le besoin de technicité est là ; le CODERST (COnseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques) étudiait en cette fin d’année un projet de traitement chimique par cyanuration, symbole de perspectives d’évolution vers l’or primaire pour tout le tissu de PME. Ce sont également de nouveaux horizons qui s’ouvrent en matière de réhabilitation avec les premiers résultats d’un nouveau protocole de restauration de la biodiversité végétale (projet GUYAFIX soutenu par le Ministère de l’Outre-mer).

Quand les perspectives sont incertaines

Basé sur le potentiel minier que nous connaissons actuellement, l’activité minière est en mesure d’offrir à la Guyane plus de 5 000 emplois pour environ ¾ de milliard d’euros d’exportations annuelles à l’horizon 2030. Il s’agit donc bien d’une opportunité raisonnable, de s’appuyer sur une montée en puissance du secteur minier, pour développer une économie locale durable.

Néanmoins, l’institut Fraser publiait en mars dernier les résultats de son enquête mondiale menée entre 2012 et 2013 et son bilan est sans appel : la Guyane est perçue comme une région à risques, tant du point de vue de l’attractivité à l’investissement, que des incertitudes liées aux réglementations environnementales. Dans les faits, si l’on cumule la mauvaise expérience d’AUPLATA concernant l’une des plus belles anomalies étudiées au cours de l’inventaire minier, le revers essuyé par IAMGOLD au sujet de ce qui s’annonçait être le premier dossier industriel d’envergure présenté en Guyane, ou encore le dernier désaveu en date de REXMA pour un litige juridique abusif : ce classement apparait conforme à la réalité et force est de constater que comparativement à nos voisins géologiques l’activité légale subsiste à un niveau très anecdotique.

Du côté des instructions, l’année est marquée par l’octroi de 47 ARM (+292%), 13 AEX (-35%) et 1 AOTM. Annoncée comme une période dédiée au traitement de l’ensemble des demandes de PER en attente, les résultats ne permettent pas d’affirmer l’atteinte de cet objectif. Au 31 décembre 2014, le nombre de permis valides s’établit à 59 AEX, 7 PER, 3 PEX et 29 concessions.

Depuis 2008 et le gel de délivrance des permis miniers, induit par les travaux préliminaires à la mise en place du SDOM, la Guyane n’a plus connu de production annuelle supérieure à 2 tonnes. Malgré un certain regain d’activité il y a deux ans, 2014 s’inscrit dans un continuum avec une production assez confidentielle qui ne devrait pas dépasser 1,3 tonne. L’activité minière n’étant pas sujette à l’aide aux financements, l’évolution des PME/PMI reste contenue : gageons que le futur bilan d’activité de la BPI en Guyane bénéficiera à cette activité.

Recul de l’activité illégale

Présenté en préfecture début janvier, le rapport de la lutte contre l’orpaillage illégal fait état d’un bilan annuel satisfaisant. L’amélioration de la coordination des missions, associée à l’intensification des patrouilles et opérations, ont favorisé un retour du nombre de sites actifs au niveau de 2010, comptabilisant 377 chantiers illégaux.

Parmi les principaux axes retenus en réponse à cette situation toujours préoccupante, figure en bonne place l’accompagnement au développement économique, notamment via la procédure accélérée d’installation d’entreprises minières en suite d’opérations Harpie. Née de l’initiative de l’ex-Agence Régionale de Développement Economique, puis formalisée lors de la déclaration d’intention adoptée par l’État, le Conseil régional et la FEDOMG en février 2013, cette démarche est un exemple symbolique de collaboration multipartite. Elle arbore de premiers résultats encourageant avec l’octroi de 12 ARM pour 5 AEX à fin 2014 (40% des AEX octroyées l’année passée).

Enfin, la ratification brésilienne intervenue fin 2013, de l’accord de coopération visant à renforcer la prévention et la répression des activités illégales sur les zones protégées ou d’intérêt patrimonial de part et d’autre de l’Oyapock, est entrée en vigueur le 13 novembre 2014. L’officialisation de cette collaboration permettra sans doute d’accélérer les processus à mutualiser sur le front Maroni, lieu de la principale recrudescence d’activité de ses derniers mois.

Des concertations et des annonces…

Le positionnement difficile de l’industrie minière dans une République qui n’entend que transition énergétique et verdissement de son économie, doublé du déficit d’image qui affecte particulièrement en Guyane ce secteur controversé, devraient amener la profession à faire valoir ses pratiques environnementalement, socialement et économiquement responsables, tel qu’introduit par la charte du SDOM. A l’heure où le Canada franchit une nouvelle étape vers la création d’une norme de certification en développement durable, on ne peut que déplorer que les travaux restitués il y a près d’un an dans le cadre du projet OTRG (Or Traçable et Responsable de Guyane), soient en passe de rester lettre morte.

En ce qui concerne le projet de réforme du code minier, initié depuis près de trois ans : il aurait été abandonné par le gouvernement. Le départ précipité de l’ancien Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, pourrait en être la cause à en croire le sort similaire qui semble avoir été réservé à sa très médiatique intention de ressusciter une Compagnie Nationale des Mines de France et probablement le même qui scellera les débats relatifs à sa déclinaison locale.

Bien que ne faisant pas l’unanimité, ni sur le fond, ni sur la forme, il est intéressant de retenir que l’espoir de relance cristallisé par cette initiative, avait eu raison de la critique de son bienfondé mercantiliste. Dorénavant, du fait des enjeux politiques qui se profilent à l’horizon des douze prochains mois, ce fiasco risque une fois encore d’affecter la mise en œuvre d’une politique minière locale inscrite sur le long terme. A l’aube de la prochaine grande échéance, avec la fin programmée de toutes les concessions perpétuelles à fin 2018 (pour lesquelles la prolongation en sera de droit qu’au motif d’une exploitation en cours), la Guyane a plus que jamais besoin de renforcer l’attractivité de son territoire.

Bulletin d’information géographique n°1

Depuis fin septembre dernier, le modèle numérique de terrain SRTM (Shuttle Radar Topography Mission) à pas de 30 m est désormais accessible au grand public. Vous pouvez vous le procurer sur le site de l’USGS : http://earthexplorer.usgs.gov/.

Le cadastre minier a été actualisé au 20 janvier 2015 (NB : les fichiers mis en ligne les 9 et 12 janvier sont corrompus) :

http://www.geoguyane.fr/PRRA/panierDownloadFrontal_parametrage.php?LAYERIDTS=90975.

La carte des titres mise à jour par le PTMG est téléchargeable ici.

L’IGN a procédé à la mise à niveau de la BDTOPO 2.1 au 16 octobre 2014. Elle est disponible à partir de 9 272,50 € (couverture totale). Enfin, la lettre d’information du Géoportail nous dévoilait en fin d’année la mise en ligne des prises de vue historiques de la Guyane datant de 1950 (http://info.ign.fr/Go/index.cfm?WL=7088&WS=434374_6845041&WA=3324).

Suite au succès de la première session de formation, le PTMG poursuit et vous propose de vous initier à la cartographie numérique avec la solution logicielle libre QGIS (contact : J [dot] Larseneur [at] Guyane [dot] CCI [dot] fr).

* L’actualité de ce début d’année, c’est le sursaut inattendu des cours de l’or après 18 mois d’enracinement autour de 30-31 €/g. Alors que l’euro poursuit sa chute vers de nouveaux point bas de dix ans contre le dollar, l’or s’envole pour flirter avec les 1300 $/oz, soit plus de 35 500 €/kg.